Vol. 36/1 (2007)

ARTICLES
• Ch. MELVILLE, From Adam to Abaqa : Qâdî Baidâwî’s rearrangement of history (Part II) , p. 7-64.
Résumé
Cette dernière partie de l’enquête sur la tradition textuelle du Nizâm al-tawârîkh écrit par Qâdî Baidâwî , cherche à identifier une deuxième recension de ce texte, faite par l’auteur lui-même et datant du début du règne de Ghazan Khan (694/1295). Le texte persan de cette continuation, accompagné ici d’une traduction anglaise, est donné d’après deux manuscrits anciens, l’un conservé au Caire (712/1312) et l’autre à Manisa (714/1314), soulignant l’importance de cette partie en tant que source complémentaire pour le début de la période ilkhanide en Iran. Par ailleurs, l’article fournit une liste préliminaire de plus de 70 manuscrits de ce texte.
Mots clés : historiographie ; Ilkhanate ; légitimation dynastique ; étude des manu s crits ; Qâdî Baidâwî.

• M. GALLETTI, La bataille de Chalderân dans un tableau du XVIe siècle, p. 65-86.
Résumé
Un grand tableau représentant la bataille de Châlderân (1514) est exposé au Palais Mirto, en Sicile. En bas de la scène de guerre une légende en italien décrit les phases de la bataille entre Sultan Selim I er et Shâh Esmâ‘il I er, ainsi que la formation de l’armée ottomane. Ce témoignage rare, peut-être unique en Occident, est conservé dans un palais princier à Palerme pour des raisons inconnues. La date et le nom du peintre sont absents comme c’était d’usage à l’époque. Le tableau semble appartenir à l’école flamande et l’on pourrait le dater entre 1580 et 1650. Dans les archives des grandes familles, il n’existe aucune référence au tableau et à la légende. La question fondamentale est : qui donc à Palerme pouvait avoir intérêt à exalter le Sultan de Constantinople, et pourquoi ?
Mots clés : bataille de Châlderân /Çaldıran ; peinture en Sicile ; inscription en italien ; Safavides ; Ottomans ; Sultan Selim Ier ; Shâh Esmâ‘il Ier ; armée ottomane.

• D. HERMANN et O. REZAI, Le rôle du vaqf dans la formation de la communauté shaykhî kermânî à l’époque qâjâr (1259-1324 / 1843-1906), p. 87-131.
Résumé
La naissance de l’école théologico-mystique shaykhî au début du XIII e/XIX e siècle entraîna un grand renouveau dans la pensée imamite. À la mort de Seyyed Kâzem Rashtî en 1259/1843, c’est principalement la branche kermânî qui va incarner ce mouvement entamé par Shaykh Ahmad al-Ahsâ’î (m. 1241/1826). Cependant, malgré l’importance de cette école, de nombreux aspects de son histoire n’ont pas encore fait l’objet d’études. Cet article analyse des sources inexploitées jusqu’à présent : les vaqf-nâmeh produits par le premier et le second maîtres de la branche kermânî, respectivement Mohammad Karîm Khân (m. 1288/1871) et Mohammad Khân (m. 1324/1906). Ces documents sont instructifs afin de mieux comprendre l’histoire de la branche kermânî. Ils démontrent avant tout comment l’institution du vaqf permit à la jeune école shaykhî kermânî de se réorganiser après son départ des ‘Atabât en renforçant son implantation à Kermân autour de l’école Ebrâhîmîyeh. Ces vaqf-nâmeh reflètent également l’évolution de l’école shaykhî en une communauté religieuse extrêmement solidaire, marquée par le charisme du chef dont les honneurs et la respectabilité sont renforcés grâce à l’institutionnalisation du vaqf.
Mots clés : shi‘isme imamite ; shaykhî kerm®ânî ; vaqf ; vaqf-nâmeh ; Mohammad Karîm Khân ; Mohammad Khân ; Iran qâjâr.

Comptes rendus, p. 135-157
• BABAYAN, Kathryn, Mystics, Monarchs, and Messiahs. Cultural Landscapes of Early Modern Iran, Harvard Middle Eastern Monographs XXXV, Harvard, 2002 [ISBN : 0-932885-28-4], par Jean Calmard.
• BEMBO, Ambrogio, Viaggio e Giornale per Parte dell’Asia di quatro anni incirca fatto da me Ambrosio Bembo nobile veneto, disegni di Joseph Guillaume Grelot. Edizione del testo e note di Antonio Invernizzi, Torino, Abaco Editori-CESMEO, 2005 [ISBN 88-87828-10-5], par Francis Richard.
• BÉRÉZINE, Ilya Nikolaevitch, Voyage au Daghestan et en Transcaucasie, traduction présentée et annotée de Jacqueline Calmard-Compas, Paris, Société d’Histoire de l’Orient – Geuthner, 2006 [ISBN : 2-7053-3778-4], par Francis Richard.
• CARRÉ, Barthélemy, Le Courrier du Roi en Orient. Relations de deux voyages en Perse et en Inde 1668-1674, transcrits, présentés et annotés par Dirk Van der Cruysse, Paris, Fayard, 2005 [ISBN : 2213624828], par Francis Richard.
• MATTHEE, Rudi, The Pursuit of pleasure. Drugs and stimulants in Iranian history, 1500-1900, Princeton – Oxford, Princeton University Press, 2005 [ISBN 0-691-11855-8], par Jean-Pierre Digard.
• PAPAS, Alexandre, Soufisme et politique entre Chine, Tibet et Turkestan, Paris : Jean Maisonneuve, 2005 [ISBN 2-7200-1150-9], par Jürgen Paul.
• SCHINDEL, Nikolaus, Sylloge Nummorum Sasanidarum Paris-Berlin-Wien, vol. III/1 : Shapur II. – Kawad I./2. Regierung, avec la collaboration de S. Stanek, R. Linke, M. Schreiner ; vol. III/2 : Katalog, Österreichische Akademie der Wissenschaften, Phil.- hist. Kl. Denkschriften, 325. Band, Veröffentlichungen der Numismatischen Kommission, 42, Wien : Verlag der Österreichischen Akademie der Wissenschaften, 2004 [ISBN : 3-7001-3314-6], par Karin Mosig-Walburg.
• STÈVE, Marie-Joseph, L’île de Khârg. Une page de l’histoire du Golfe Persique et du monachisme oriental, avec la collaboration de Claire Hardy-Guilbert, Christelle et Florence Jullien, Erik Smekens, et des contributions de Farrokh Gaffary, Ernie Haerinck, Emile Puech et Axelle Rougeulle, éd. par Hermann Gasche, Civilisations du Proche-Orient. Série I, Archéologie et Environnement I, Neuchâtel, 2003 [ISBN : 2-940032-03-3], par Philippe Gignoux.

vol. 36/2 (2007)

ARTICLES
• K. MORIMOTO, Putting the Lubâb al-ansâb in context : sayyids and naqîbs in late Saljuq Khurasan, p. 163-183.
Résumé
Cette étude analyse l’arrière-plan et le sens du Lubâb al-ansâb wa al-alqâb wa al-a‘qâb, un livre généalogique sur les sayyids composé par Ibn Funduq en 558/1163. Cette œuvre est dédiée au chef de la famille sayyid des Zabbâras, qui avait acquis une position prééminente dans la vie politique locale du district de Bayhaq. L’objectif de cette compilation était de faire apparaître son dédicataire comme le naqîb (chef) des sayyids, afin de renforcer son influence sur les autres sayyids de la région. Cette caractéristique montre l’importance de la fonction de naqîb pour analyser l’ascension non seulement des Zabbâras, mais aussi d’autres familles de sayyids dans la société iranienne à la fin de la période saljuqide.
Mots clés : période saljuqide ; Lubâb al-ansâb ; Ibn Funduq ; les Zabbâra ; sayyid ; naqîb ; généalogie.

• W. FLOOR, Dutch wholesalers and retailers in Qajar Persia , 1815-1914, p. 185-226.
Résumé
L’article analyse l’histoire de deux entreprises néerlandaises qui s’occupaient d’importation et d’exportation en Perse, dont un, Hotz et Zoon, etait une des grandes entreprises étrangères en Perse et qui en plus entamait des initiatives originales pour stimuler le développement du pays. Une biographie du PDG de cette compagnie est donnée. En plus, l’article analyse l’histoire du premier grand magasin en Perse (le Téhéran Toko), qui se spécialisait dans la vente en détail des produits européens, ainsi que des trois autres petits comptoirs néerlandais. Finalement, l’article inclut des photos uniques du Téhéran Toko.
Mots clés : Qajar ; commerce ; Européens ; Pays-Bas ; biographie ; philatélie ; photographes.

• V.B. MOREEN, Queen Esther in Judeo-Persian garb : Jewish, Muslim, or Persian representations ?, p. 227-250.
Résumé
Cette étude s’attache à examiner le portrait de la Reine Esther biblique, notamment dans l’Ardashîr-nâmah [‘Le Livre d’Ardashîr’ (Ahasueros)], une épopée judéo-persane du XIVe s. par Mowlânâ Shâhîn-i Shîrâzî. Il est centré sur les aspects juifs et musulmans/ « persans » de la représentation du féminin, ainsi que sur la façon dont ces conceptions améliorent les valeurs littéraires et dramatiques de la narration épique. Même si l’ouvrage de Shâhîn s’éloigne, dans les détails significatifs, des perceptions biblique et rabbinique de la Reine Esther pour suivre l’esprit des romans épiques persans, son ethos est fidèle à l’idée juive de la « salvation » dans la terre d’origine nationale. Basé sur de manuscrits judéo-persans peu connus, l’article est principalement de nature comparative, traitant de diverses conceptions visuelles (peinture) et spirituelles (juifs et musulmans [soufies]) de la représentation féminine du Divin telles qu’elles se mélangent avec une grande efficacité dans l’épopée de Shâhîn.
Mots clés : littérature judéo-persane ; littérature persane ; la Reine Esther ; Ardashîr-nâmah ; Ezrâ-nâmah ; Mowlânâ Shâhîn-i Shîrâzî ; Shekinah ; Ardashîr (Ahasueros) ; Kûrosh (Cyrus le Grand) ; Mordekai.

• A. AHMED, Le statut de la métrique populaire dans la poétique de Nimâ Yushij, p. 251-277.
Résumé
Refonte de la métrique quantitative traditionnelle, l’œuvre de Nimâ Yushij n’avait pas encore livré tous ses secrets. Nous pouvons désormais affirmer que le père de la poésie persane moderne a un temps exploré les structures de la poésie populaire. En effet, l’analyse des poèmes « pour enfants » Bahâr et Âvâz-e qafas, sur lesquels achoppaient les critiques, s’éclaire à la lumière de la métrique de la poésie populaire, dont la nature syllabo-accentuelle a été récemment mise au jour par Omid fiabibzâde. Deux autres poèmes de Nimâ relèvent d’une semblable composition. Que cherchait le poète dans ces rythmes distincts aussi bien de la métrique traditionnelle que de la métrique quantitative réformée qu’il avait élaborée ? Bien qu’elle se résume à une expérience limitée dans son œuvre, sa pratique de la métrique populaire participe de la quête d’une relation juste et expressive entre mètre, thématique et registre du poème, et le poète s’est semble-t-il interrogé sur l’extension possible du vers libre à la métrique populaire.
Mots clés : littérature persane contemporaine ; Nimâ Yushij ; vers libre ; métrique quantitative ; métrique populaire (syllabo-accentuelle) ; poèmes pour enfants.

• R. POURJAVADY, S. SCHMIDTKE, The Qutb al-Dîn al-Shîrâzî (d. 710/1311) Codex (MS Mar‘ashî 12868) [Studies on Qutb al-Dîn al-Shîrâzî, II], p. 279-301.
Résumé
Les fonds des manuscrits dans le monde conservent de nombreux textes transcrits de la main de Qutb al-Dîn al-Shîrâzî (634/1236-710/1311), l’un des savants les plus renommés du monde islamique oriental au cours de la fin du VIIe/XIIIe et le début du VIIIe/XIVe siècles. Cet auteur est également connu pour avoir écrit en 685/1286, à Konya, un recueil (majmû‘a). Pendant longtemps, notre connaissance de ce volume se réduisait aux données fournies par un exemplaire incomplet copié en 1060/1650 et conservé aujourd’hui dans les fonds de la Bibliothèque du Parlement à Téhéran (Ms. Majlis 593). Mais, le volume transcrit de la main même de Qutb al-Dîn al-Shîrâzî a récemment refait surface ; il est actuellement dans la possession de la Grande Bibliothèque de l’Âyat Allâh al-‘Uzmâ Mar‘ashî Najafî à Qum (Ms. Mar‘ashî 12868). Les similitudes textuelles entre le Codex Shîrâzî et un autre volume faisant partie de la Collection Fâtih, aujourd’hui à la Bibliothèque Süleymaniye à Istanbul (Ms. Fâtih 3141), suggèrent que ce dernier volume, copié par Tâj al-Dîn al-Kirmânî, disciple de Qutb al-Dîn al-Shîrâzî, a également été transcrit du Codex Shîrâzî, même si le copiste n’indique pas sa source. Le présent article contient la description détaillée du Codex Shîrâzî.
Mots clés : Qutb al-Dîn al-Shîrâzî ; ‘Izz al-Dawla Ibn Kammûna ; Samaw’al-Maghribî ; Tâj al-Dîn Muhammad al-Shahrastânî ; manuscrit ; codicologie.

Comptes rendus, p. 305-316.
• Ebrahimnejad , Hormoz, Medicine, Public Health and the Qajar State. Patterns of Medical Modernization in Nineteenth-Century Iran, Sir Henry Wellcome Asian Studies 4, Leiden-Boston, 2004 [ ISBN : 1570-1484 et 90-04-13911-7], par Jean Calmard.
• Iran : Questions et connaissances , Actes du IVe congrès européen des études iraniennes, organisé par la Societas Iranologica Europæa, Paris, 6-19 septembre 1999 , vol. II : Périodes médiévale et moderne, textes réunis par Maria Szuppe, Studia Iranica-Cahier 26, Paris : Association pour l’Avancement des Etudes Iraniennes – Leuven : Peeters, 2002 [ ISBN : 90-429-1277-4], par Charles Melville.
• Miller, N.F., Kamyar Abdi (eds.), Yeki Bud, Yeki Nabud. Essays on the Archaeology of Iran in Honor of W.M. Sumner, Monograph 48, Cotsen Institute of Archaeology : University of California Los Angeles , 2003, par Massimo Vidale.

Mots clés :