Vol. 30/1 (2001)

ARTICLES
• Sh. RAZMJOU, “Des traces de la déesse Spenta Armaiti à Persépolis. Et proposition pour une nouvelle lecture d’un logogramme élamite”.
Résumé
Parmi les textes des Fortifications de Persépolis, un certain nombre ont trait à des ” rations rituelles “. Six d’entre elles mentionnent une divinité Ishpandarakurtish qui, dans quelques cas, porte le signe du mot ” terre ” ; seule Spenta Ârmaiti peut correspondre à ce nom et cette définition. L’auteur démontre que le signe KUR, que contient le nom de la divinité, peut également se lire mad/t en babylonien et être passé dans l’écriture élamite jusqu’à l’époque achéménide. Le nom de la divinité peut donc être lu Ishpandarmattish, équivalent de Spenta Ârmaiti.
Mots clés : Persépolis (tablettes des Fortifications) ; rations ; religion ; époque achéménide ; Spenta Ârmaiti ; Ispandarakurtish ; Ispandaramattish.

• P. JAMZADEH, “Remarks on Some Zoroastrian Architectural Features”.
Résumé
Peu d’éléments architecturaux spécifiques des quartiers zoroastriens de la ville de Yazd en Iran central ont été décrits en fonction de leur fonction religieuse. Deux de ces éléments, peskem une salle voûtée, et panjeh une petite ouverture murale, sont attestés dans l’habitat et sont utilisées dans ce cadre. Pîrûn, une niche à lumière, est identifié comme un mécanisme lumineux dans les ruelles étroites. Une tour à lumière, érigée à proximité d’un dakhma, une ” tour du silence “, est réputée conduire une lumière à l’intérieur du dakhma à travers une fenêtre percée dans chacune de deux structures.
Mots clés : architecture zoroastrienne ; Yazd ; peskem ; fenêtre panjeh ; pîrûn ; saghdî.

• R. GYSELEN, La province sassanide d’Abhar. Nouvelles données dans les collections des Musées Royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles.
Résumé
Grâce à la publication d’un petit lot de bulles sassanides, conservé dans les collections des Musées Royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles, quelques nouvelles données sont apportées pour la géographie administrative de l’empire sassanide et en particulier à propos de la position administrative d’Abhar.
Mots clés : Abhar ; géographie administrative ; sceaux administratifs ; Hamadân.

• A. BERDIMURADOV et M. SAMIBAEV, Une nouvelle peinture murale sogdienne dans le temple de Dzartepa II. (Avec les Notes additionnelles par F. GRENET et B. MARSHAK).
Résumé
A. Berdimuradov et M. Samibaev, les fouilleurs du temple sogdien de Dzhartepa II (à 43 km à l’est de Samarkand), publient pour la première fois une peinture murale qui couvrait la partie arrière de la cella. Au registre supérieur sont figurées des divinités assises (au moins un dieu et une déesse), flanquées par des adorateurs. Le registre inférieur montre des scènes de chasse. Dans les notes additionnelles, F. Grenet et B. Marshak proposent d’identifier le couple divin comme Nana et Tishtrya. La peinture, datable du IVe ou du début du Ve s. de n.è., peut être considérée comme la plus ancienne peinture murale connue en Sogdiane.
Mots clés : peinture ; Sogdiane ; Dzhartepa ; Nana ; Tishtrya.

• Ch. MELVILLE, From Adam to Abaqa : Qadi Baidawi’s Rearrangement of History.
Résumé
L’ouvrage de Qâdî Baidâwî, le Nizâm al-tawârîkh (c. 674/1275), est habituellement négligé comme étant un ouvrage général peu important d’histoire musulmane. Bien qu’il soit effectivement d’une utilité limitée pour l’information factuelle, son interprétation de l’histoire, qui a eu une grande influence, nous intéresse également pour d’autres raisons. Il semble évident que l’ouvrage a été composé sous le mécénat de Shams al-Dîn Juvainî et de Sughunjaq Noyan : il s’inscrit dans la lignée des efforts déployés par ces deux dignitaires pour inciter le pouvoir mongol étranger à adopter la culture et les traditions de leurs sujets persans. L’accent que met Baidâwî sur l’histoire iranienne et sur l’étique de la façon de gouverner, fournit un cadre pour affirmer la continuité d’un pouvoir indépendant sur le plateau iranien sous les nouveaux conquérants mongols.
Mots clés : historiographie ; Mongols ; iranisation ; islamisation.

• F. RICHARD, Nasr al-Soltani, Nasir al-Din Mozahheb et la bibliothèque d’Ebrahim Soltan à Shiraz. Résumé
Ebrâhim Soltân, vice-roi timouride du Fârs, fut un calligraphe et un grand mécène, commandant la réalisation de nombreux manuscrits durant son règne (1414-1435). La liste des livres copiés pour lui à Shirâz peut être complétée. On peut relever les noms de plusieurs des calligraphes du prince et, sur deux volumes (datant de 1417 et ca. 1430), une signature de doreur-enlumineur (mozahheb) avec le nom de Nasr al-Soltâni. Il paraît tentant de proposer d’identifier ce personnage avec Nasir al-Din Mohammad Mozahheb qu’Ebrâhim Soltân a nommé en 1432 à la tête de son kotobxâneh et dont le brevet de nomination est conservé.
Mots clés : Shirâz ; Ebrâhim Soltân ; enluminure-dorure (tazhib) ; kotobxâneh (atelier-bibliothèque) ; Nasir al-Din Mohammad Mozahheb ; Nasr al-Soltâni.

• H. EBRAHIMNEJAD, Epidémies, médecine et politique dans l’Iran du XIXe siècle.
Résumé
La modernisation de la médecine en Iran au XIXe siècle a toujours été conçue comme résultante d’une volonté politique. Cet article se propose de montrer qu’il s’agissait en fait d’un processus plus structural et moins volontariste, traversant interrelation du social, du politique et du médical. Dans ce processus, les épidémies ont joué le rôle principal en éveillant la conscience sociale et en incitant les médecins traditionalistes à comprendre les sources du mal à partir de la médecine humorale. Les épidémies remettaient en cause l’intelligibilité des théories millénaires. C’était aux médecins de les justifier et de leur trouver un sens en expliquant le mal. La force et persévérance de la tradition face à l’exigence d’épidémie donna lieu à l’évolution épistémologique du discours traditionnel. Cette évolution et les changements de rapport entre médecine, pouvoir et société sous l’impulsion des épidémies, constitueront les fondements du processus de modernisation.
Mots clés : épidémies ; médecine traditionnelle ; évolution de la pensée médicale ; épistémologie.

NOTES et DOCUMENTS
• R. GYSELEN, La désignation territoriale des quatre spahbed de l’empire sassanide d’après les sources primaires sigillographiques.
• B. KOCHNEV, Les monnaies de Muqanna‘.

Vol. 30/2 (2001)

ARTICLES
• M. CARTER, Preliminary notes on seven Achaemenid silver objects…. p. 163
Résumé
Étude préliminaire de sept objets acquis récemment par le Miho Museum (Shiga, Japon) : trois phiales, deux rhytons à protomés en formes d’animaux, une cuiller et une bouteille. La plus grande des phiales porte deux inscriptions sur le bord extérieur qui mentionnent un Artaxerxès. Bien que ces objets n’aient pas fait l’objet d’une analyse microscopique ou métallographique, on a pu établir que la valeur totale des trois phiales était égale de 500 sigloi. Cette valeur, qui correspond à un poids d’argent standard, suggère qu’elles étaient assemblées pour être utilisées à la place de la monnaie. De même, la valeur totale de quatre autres objets équivaut à un peu plus de 500 sigloi. Il est alors probable qu’une phiale d’un type et d’une dimension particuliers était censée approcher un poids d’argent standard. Ces objets, seuls ou assemblés en groupes pour donner un poids en chiffre rond, semblent avoir été un instrument utilisé pour des transactions commerciales non monétaires.
Mots clés : argenterie achéménide ; poids ; Miho Museum.

• N. SIMS-WILLIAMS, The Inscriptions on the Miho bowl and some comparable objects…. p. 187
Résumé
Publication d’une inscription d’Araxerxès en vieux-perse et en babylonien sur une phiale en argent, conservée au Miho Museum (Japon). À la suite de Schaeder, l’auteur démontre que l’inscription ” A1I ” en vieux-perse sur quatre phiales similaires, qui avait été publiée par Herzfeld, est une falsification moderne.
Mots clés : inscriptions en vieux-perse ; Artaxerxès ; argenterie achéménide ; faux.

• M. MOAZAMI, Ancient Iranian civil legislation. A legal section of the Pahlavi Vidêvdâd…. p. 199
Résumé
Le chapitre quatre du Vidêvdâd traite le plus ancien code civil et pénal de la religion zoroastrienne. Ce chapitre est le seul du Vidêvdâd qui s’occupe strictement de la législation : il traite des contrats et des attentats sur les personnes. Les contrats sont divisés en deux catégories, selon leur but ou selon la valeur de leur objet. Les distinctions sont les suivantes : le contrat de parole (pad-gôwishn) ; le contrat de main (dast-musht) ; le contrat pour valeur d’un mouton ou d’une chèvre (pah-masây) ; le contrat pour valeur d’un bœuf ou d’un cheval (stôr-masây) ; le contrat pour valeur d’homme (wîr-masây) ; et le contrat pour valeur de terre (deh-masây).
Mots clés : zoroastrisme ; le Vidêvdâd pehlevi ; loi ; contrat ; attaque ; pénalité.

• A.-M. MOVASSAGHI, La “punaise de Miyâneh” dans les récits des voyageurs européens en Perse (XIXe s.). Originalité et pertinence des observations cliniques…. p. 225
Résumé
La plupart des voyageurs européens qui, au XIXe siècle, se rendirent en Iran expriment, dans leurs récits, les craintes qu’ils avaient eues d’être mortellement piqués par la fameuse ” punaise de Miyâneh ” qui ne s’attaquait, disait-on, qu’aux seuls étrangers. Les entomologistes de cette époque croient d’abord reconnaître un acarien de grande taille qui est baptisé Argas persicus. Mais, dès la fin du XIXe siècle, les spécialistes des tiques la considèrent comme étant Alectorobius tholozani. Au XXe siècle on découvre qu’elle peut transmettre une bactérie, Borrelia persica, qui risque de causer à l’homme une grave maladie infectieuse. Les descriptions des divers symptômes de cette maladie faites par les voyageurs européens en Iran peuvent fournir de précieux renseignements sur la dangerosité d’Alectorobius tholozani et sur la clinique de la fièvre récurrente humaine du Proche et Moyen-Orient.
Mots clés : récits de voyage en Perse ; ” punaise de Miyâneh ” ; croyances populaires ; Argas persicus ; Alectorobius tholozani ; fièvre récurrente du Proche et Moyen-Orient.

• E. YARSHATER, “A Peasant Marriage”, a poem in Châli by Mohammad-Bâqer ’Ameli… p. 245
Résumé
Le poème publié ici consiste en 129 distiques en châli, une variété des dialectes tâti, parlé à Châl, un grand village dans la région de Râmand au sud-est de Qazvin. Son auteur, Mohammad-Bâqer ’Âmeli, un modeste membre du clergé, décrit les rituels et cérémonies d’un mariage à Châl sur un ton légèrement humoristique et, parfois, satirique. Le poème, composé dans une métrique du ramal, ne parvient que partiellement à suivre les règles strictes de la prosodie persane. Le système prosodique tâti, basé sur une combinaison d’accent et de nombre des syllabes, transparaît de temps à autre. Le poème est intéressant aussi bien du point de vue linguistique que littéraire, folklorique et anthropologique. Non seulement il note le vocabulaire et les expressions, autrement difficiles à trouver, mais il témoigne des nombreuses coutumes et pratiques rurales de la région.
Mots clés : dialectes tâti ; dialecte châli ; mariage ; folklore ; humour ; prosodie.

Tables décennales vol. 21 à 30 (1992 à 2001)… p. 303

Mots clés :