Vol. 27/1 (1998)

ARTICLES
• “Jean AUBIN 1927-1998” : bibliographie réunie par Jean et Jacqueline Calmard p. 9

• A. “LEMAIRE, Une inscription araméenne du VIIIe siècle av. J.-C. trouvée à Bukân (Azerbaïdjan iranien)” p. 15
Résumé
La lecture et l’interprétation de la stèle de Bukân, publiée par Rasoul-e Bashash Kanzaq, s’éclaire à la lumière des inscriptions araméennes de Sfiré et de Tell Fekherye. Les 13 lignes de l’inscription actuelle ne comportent que des malédictions et ne constituent que la fin d’une inscription, vraisemblablement royale et commémorative, datant de la fin du VIIIe s. av. J.-C. Elle semble indiquer que Tapeh Qalâychi est à identifier avec Z’TR / Izirtu, la capitale du royaume mannéen.
Mots clés : araméen ; inscription, malédiction ; Mannéens ; Izirtu/Zirta ; Haldî..

• Ph. HUYSE, “Quelques remarques sur deux mots iraniens : 1. Vieux-perse azdâ et mots apparentés, 2. Moyen-perse ayâb ’ou’” p. 31
Résumé
1. Le mot v.-p. azdâ (DB I 31f. ; Dna 43.45 ; DNb 50f.) est d’ordinaire interprété comme un substantif signifiant ’annonce, message’ ; les données araméennes (où ’zd’ dans Dan. 2.5 et 2.8f. est sat. absol. d’un adjectif féminin) et sogdiennes (où sogd. ’(y)zt’ se comprend comme instr. sg. de l’adjectif prédicatif en emploi adverbiel) montrent qu’il s’agit plutôt d’un adjectif signifiant ’public, connu’. 2. La particule disjonctive m.-p. ayâb ’ou’ semble remonter à iran. anc. *haya vâ api ’ou lequel aussi’ et à son contre-part sémantique en toch. A kus pat nu. En vieux-perse des phrases telles que DB 4.68f. ont pu servir comme point de départ pour cette expression finalement univerbisée.
Mots clés : philologie ; vieux-perse ; moyen-perse ; azdâ ; ayâb.

• P. POURSHARIATI, “Local Histories of Khurâsân and the Pattern of Arab Settlement” p. 41
Résumé
L’installation de l’armée arabe en Khurâsân après la conquête de la région dans les années 650, reste un problème pour l’étude de l’histoire de cette région. C’est pourtant un aspect très important pour appréhender l’histoire de l’époque umayyade et en particulier pour traiter le problème de la révolution abbbaside, qui est intimement lié à l’intensité de cette habitation et à sa délimitation géographique. Les sources traditionnelles de l’historiographie islamique offrent peu d’évidences pour une solution définitive de cette question. Cet article essaie de montrer l’importance des ” histoires locales ” comme source pour arriver à cerner le problème et proposer des solutions. En effet, l’historiographie locale, en privilégiant les aspects locaux et spécifiquement socio-religieux, est un des instruments les plus utiles pour examiner l’ampleur et la continuité de la présence arabe dans la région.
Mots clés : histoires locales ; Khurâsân ; installation des Arabes en Iran oriental ; Târikh-i Qum ; Târikh-i Bukhârâ ; Târikh-i Bayhaq.

• H. EBRAHIMNEJAD, “Un traité d’épidémiologie de la médecine traditionnelle persane : Mofarraq ol-heyze va’l-vabâ de Mirzâ Mohammad-Taqi Shirâzi (ca. 1800-1873)” p. 83
Résumé
Tant dans l’opinion des professionnels de la santé que chez le profane, la médecine moderne pratiquée en Iran d’aujourd’hui n’a aucune parenté historique avec la médecine traditionnelle d’autrefois. Or, tout comme la médecine européenne, qui n’a pas connu une rupture prompte et définitive avec l’hippocratisme, la médecine persane traditionnelle au XIXe siècle ne se trouvait pas non plus immobile et entièrement attachée à la médecine d’Avicenne d’origine galénico-aristotélicienne. Toutes les deux ont subi des évolutions à des degrés variés et dans des conditions différentes. En Iran du XIXe siècle, l’évolution médicale est largement liée à la pression des épidémies. La littérature épidémiologique qui en est née présente une nouveauté incontestable par rapport aux textes médicaux des siècles précédents. Cette évolution est particulièrement illustrée par les travaux de Shirâzi, surtout dans son ouvrage Mofarraq ol-heyze va’l-vabâ présenté ici en version originale et en traduction. Le mérite de cet auteur est d’avoir différencié le choléra de la cholérine (nom souvent donné au heyze par les médecins européens), qui n’était, selon Shirâzi, que les cas de diarrhée devenus très fréquents en raison de la malnutrition. La cause pathologique du heyze pour Shirâzi est le fesâd-e me’de (lit. pourrissement de l’estomac), signifiant toxi-infection alimentaire et qui est sans fièvre. Ce n’est pas le cas du choléra qui est causé par l’atmosphère putride et dont le symptôme principal est la fièvre.
Mots clés : Histoire de médecine ; épidémiologie ; choléra ; vabâ ; heyze ; fièvre ; Mohammad-Taqi Shirâzi.

• J.-P. DIGARD (en collaboration avec A. KARIMI et M.-H. PÂPOLI-YAZDI), “Les Baxtyâri vingt ans après” p. 109
Résumé
De profondes transformations se sont produites dans la vie des Baxtyâri depuis vingt ans : usure des institutions tribales, désaffection des jeunes pour le nomadisme et l’élevage, fascination pour le mode de vie citadin, sédentarisation massive, épuisement catastrophique des pâturages menaçant à terme le potentiel pastoral et touristique de la région. Après avoir identifié les composantes et les causes de ce dernier phénomène, les auteurs suggèrent des pistes à explorer pour restaurer la végétation tout en développant l’élevage dont le pays a besoin. Des réflexions en sont tirées quant aux conditions et au rôle de la recherche ethnologique dans l’Iran d’aujourd’hui.
Mots clés : ethnologie ; Baxtyâri ; élevage ; nomadisme ; sédentarisation ; surpâturage.

NOTES et DOCUMENTS
• Ph. GIGNOUX et K. MÜLLER, “Sceaux sassanides de Bonn – II” p. 147

Comptes rendus , p. 151

Vol. 37/2 (2008)

ARTICLES
• A. PIRAS, “Visio Avestica I. Prolegomena à l’étude des processus
Résumé
Dans une série d’études à venir dont celle-ci est la première, l’auteur se propose de montrer ce qu’est la vision ordinaire et extraordinaire, c’est-à-dire liée aux expériences de la révélation, dans la littérature gâthique d’abord, puis plus tard dans l’Avesta récent, dans les textes pehlevis et les inscriptions sassanides. Cet article analyse les expressions visuelles et les conceptions de la vision intérieure et de la lumière mentale relevées dans des passages du Yasna 28 à 34, 44 à 46, 50, avec toute la discussion philologique nécessaire, en s’appuyant sur les travaux les plus récents.
Mots clés : psychologie de la religion ; vision et parole ; rituel ; sotériologie ; expérience extatique ; voyage eschatologique.

• X. TREMBLAY, “Sur parsui du Farhang-i-Ôim, ratu-, peretu-, pitu-, et quelques autres thèmes avestiques en -u” p. 187
Résumé
La reconstruction formelle de ces quatre thèmes avestiques illustre la nécessité méthodique, primo de définir soigneusement leur sens, l’apophonie ayant une valeur logique ; secondo d’une grammaire comparée des langues iraniennes, incluant les langues modernes , et non seulement d’une comparaison de l’avestique avec le védique ; tertio d’un respect de la tradition manuscrite, afin de réduire le degré d’incertitude ou de décision arbitraire. Un tel examen conclut pour ces quatre thèmes à une alternance entre nominatif *CéC-s et génitif *CC-és, type bien connu aux noms-racines, mais non encore reconnu aux suffixaux.
Mots clés : avestique ; sogdien ; khotanais ; yidga-munji ; pashto ; linguistique ; indo-européen ; grammaire comparée des langues iraniennes.

• Ph. SWENNEN, “Une nouvelle tentative de commentaire de la strophe Yt 5.7” p. 205
Résumé
Le présent article propose une nouvelle interprétation grammaticale et philologique de la strophe Yt 5.7. Elle repose sur l’identification d’un nouveau composé, aurus.aspô.staoiiehîs, dont le premier membre aurus.aspô est un bahuvrîhi synonyme de miqrô. Cette strophe compare des cours d’eau aux bras du dieu Mithra.
Mots clés : philologie des langues iraniennes ; Anâhitâ ; aurus.aspô.staoiiehîs ; composé bahuvrîhi, épithètes divines ; Mithra ; Yasht 5.7.

• M. RAHBAR, “Découverte d’un monument d’époque sassanide à Bandian, Dargaz (Nord Khorassan). Fouilles 1994 et 1995” p. 213
Résumé
Découvert fortuitement en 1990, le site de Bandian, près de la frontière du Turkménistan (nord Khorassan), est fouillé depuis 1994 par une mission archéologique de l’Organisation du patrimoine Culturel de l’Iran. Une salle principale de 10,25 x 8,60 m ouverte sur un côté et flanquée de salles sur les trois côtés présente un ensemble exceptionnel de panneaux muraux en stuc, dont la partie inférieure seule est conservée sur une hauteur de 0,70 à 0,80 m. Les thèmes sont variés : sur un mur, scènes de chasse et de combat, sans doute contre les Héphtalites ; sur le mur opposé, scènes de cour et peut-être d’investiture. Dans une niche, dont le sol est surélevé, les trois murs portent des personnages tenant une baguette (barsom ?) et un brûle-parfum (ou autel ?), tandis qu’une figure féminine verse le contenu d’un vase. Dans cette partie, sans doute religieuse, quatre des cinq inscriptions en moyen-perse seraient en relation l’une avec l’autre selon une première lecture de R. Bashshash Kanzaq qui, par ailleurs, attribue le bâtiment à l’époque de Bahram Gur (Ve s. après n.è.).
Mots clés : sassanide ; Khorassan ; Dargaz ; stucs ; sceaux ; iconographie.

• Ph. GIGNOUX, “Les inscriptions en moyen-perse de Bandiân” p. 251
Résumé
L’auteur publie ici quatre nouvelles inscriptions en moyen-perse découvertes par M. Rahbar lors de fouilles récentes à Bandiân (Khorassan) dans un important complexe d’époque sassanide. Comme plusieurs noms de personnes, à l’origine de la fondation d’un domaine (dastgird), sont aussi connus dans les sources arméniennes de l’époque de Bahrâm V, on a essayé de mettre en relation ces deux types de sources, sans toutefois pouvoir arriver à des certitudes historiques.
Mots clés : épigraphie ; sassanide ; Khorassan ; Bandiân ; moyen-perse.

• P. BAKER, “Clothed in Faith : the Zoroastrian Sudrah and Kustî” p. 259
Résumé
On reconnaît depuis fort longtemps que, pour les Zoroastriens, porter le sudrah (la chemise) et le kustî (la ceinture), autant insignes de foi que condition essentielle à la prière, est lourd de conséquences. L’on a bien voulu accorder à cet auteur le privilège d’examiner de près plusieurs exemples de chacun des deux types de vêtements fabriqués avant 1950. À première vue fort simples d’apparence et de structure, pour les Zoroastriens orthodoxes, plusieurs aspects du sudrah et du kustî possèdent une signification symbolique, étroitement liée aux principales croyances et à certains rites de passage. En effet, une prière faite sans kustî ou avec une ceinture abîmée (donc polluée) rend inefficaces et le rite et la prière. Qu’une telle signification ait toujours existé dans les cercles zoroastriens, ou qu’elle se soit accrue au cours des deux derniers siècles, l’on espère que cette étude encouragera à poursuivre des recherches sur les pratiques vestimentaires et les conventions somptuaires présentes et passées de cette communauté.
Mots clés : Zoroastrisme ; vêtement ; prière ; rites de passage ; rituel ; symbolisme.

NOTE NÉCROLOGIQUE
“R. GÖBL (1919-1997)”, par M. ALRAM p. 279

Comptes rendus, p. 291

Mots clés :