Vol. 26/1 (1997)

ARTICLES
• K. MOSIG-WALBURG, “Münzen des Yazdgard I. Ein Beitrag zur Ikonographie” p. 7
Résumé
Les monnaies de Yazdgard Ier présentent celui-ci avec deux différentes couronnes dont l’une est une forme réduite au diadème avec croissant ; elle n’apparaît que sur les dinars de poids léger. C’est d’ailleurs aussi le cas pour les types à “couronne réduite” de ses prédécesseurs Shâpûr II et Bahrâm IV. On peut donc penser que cette forme de couronne spéciale, pour laquelle on n’a pas encore pu donner d’explication satisfaisante, pourrait avoir eu comme fonction celle de distinguer au premier coup d’œil les dinars légers des dinars lourds. Si on poursuit ce raisonnement on pourrait en conclure que la seule couronne que Yazdgard Ier a portée effectivement est celle du type normal de son monnayage, et non la “couronne réduite” de ses dinars légers. Par conséquent, on peut mettre en doute l’authenticité d’un sceau de bronze de ce roi sur lequel il est représenté avec une variante de la couronne réduite.

• J. KHALEGHI-MOTLAGH, Statistics of omitted and spurious Verses in Six Manuscripts of the Shâhnâma p. 17
Résumé
Parmi les manuscrits de l’épopée du Shâhnâme qui font autorité, six ont été soumis à une comparaison aux points de vue des interpolations, de la précision diacritique, de l’archaïsme du langage, et de l’ordre des vers et des hémistiches. L’échantillon choisi pour cette étude comparative comprend 11.618 vers et a trait à l’épisode du règne de Kaykhusrow. En complément quelques autres éditions critiques de l’épopée sont comparées brièvement et évaluées en ce qui concerne leur méthode et leur autorité.

• A.-M. TOUZARD, Image de la Perse. Thématique des titres des récits de voyages français en Perse, publiés entre 1600 et 1730 p. 47
Résumé
Les nombreux récits de voyage en Levant, et particulièrement en Perse, aux XVIIe et XVIIIe siècles, portent des titres souvent très longs qui constituent un quasi-sommaire de leur contenu. L’analyse de ces titres a conduit à dégager une thématique permettant de cerner à la fois l’objet que les auteurs tentaient de faire connaître, les motivations qui les poussaient à voyager et à écrite, et par là, l’image que les lecteurs français pouvaient se faire de la Perse à cette époque.
Mots clés : récit de voyage ; thématique des titres — voyageurs français en Perse —1600-1730.

NOTES
• A. TAFAZZOLI, Two Sogdian Words of the Mugh Documents p. 113

OBITUAIRES
• Sir HARLOD BAILEY, 1899-1996, par P. LECOQ p. 117
• PETER CALMEYER, 1930-1995, par R. BOUCHARLAT p. 119
• Père JEAN-MAURICE FIEY, OP, 1914-1995, par J.-M. MÉRIGOUX p. 123
• GIKYÔ ITÔ 1909-1996, par Ph. GIGNOUX p. 129

Comptes rendus, p. 131

Vol. 26/2 (1997)

BIO-BIBLIOGRAPHIE
• “Ahmad TAFAZZOLI, 1937-1997”, par Ph. GIGNOUX p. 147

ARTICLES
• X. TREMBLAY, “Numératifs et Compréhensifs dans le Vidêvdât. Essais de grammaire comparée des langues iraniennes II” p. 157
Résumé
Le numératif, dont M. Sims-Williams a prouvé l’existence en sogdien, se rencontre non seulement en d’autres langues iraniennes orientales modernes (pašto parāči, p.ê. ossète), mais déjà dans le Vidēvdāt. Seulement, au contraire de ces dialectes il n’y poursuit formellement pas un ancien duel, mais apparemment un pluriel neutre, en fait, pour utiliser la terminologie d’Eichner, un compréhensif (nombre de la Pluralité massive). Il faut donc admettre plusieurs glissements fonctionnels et réinterprétations formelles entre le compréhensif indo-européen et les numératifs avestique, et iranien moyen et moderne.
Mots clés : avestique ; sogdien ; pašto, parāči ; yidγa-munjī ; ossète ; linguistique ; indo-européen ; grammaire comparée des langues iraniennes.

• C. MITCHELL, “Safavid Imperial tarassul and the Persian inshâ’ Tradition” p. 173
Résumé
Cette étude examine le concept littéraire d’inshâ’ et le rôle fortement administratif qu’il a joué dans la correspondance étrangère et domestique de l’État pendant la période pré-moderne de l’Iran. Cette tradition littéraire détaillée, dans laquelle les littérateurs fondaient ensemble la prose et la poésie dans le genre amorphe de l’écriture épistolaire, était bureaucratisée au point que la définition d’inshâ’ vint inclure, en plus de la correspondance diplomatique, une grande variété de décrets administratifs bureaucratiques. Avec la grandeur croissante et la sophistication de la chancellerie persane pendant les périodes Ilkhanide et Timuride, le monde islamique a été témoin d’une explosion de l’inshà’. Cette prolifération de modèles et textes éducatifs pour munshīs de l’avenir, unis avec l’homogénéité relative des chancelleries persanes durant l’ère pré-modeme, a contribué considérablement à la nature rigide du tarassul impérial persan. L’apogée de cette science de l’écriture de lettres (’ilm-i inshà’) fut à peu près concomitant avec l’établissement d’un État administrativement et bureaucratiquement sophistiqué sous les shahs Safavides. Leurs relations avec les empires d’Anatolie et de l’Inde, combinée à divers dialogues diplomatiques avec les pouvoirs européens, renforcèrent l’importance du tarassul diplomatique dans la chancellerie d’État. La présente discussion essaie de comprendre en plus grand détail et comme un tout le rapport entre la chancellerie, la correspondance diplomatique et la tradition persane de l’inshà’. En faisant ainsi, l’objectif spécifique de cette étude de déterminer à quel point les munshīs Safavides adhéraient à la littérature précédente devient beaucoup plus facile. La méthodologie utilisée ici est celle de la comparaison : en examinant les diverses caractéristiques obligatoires (bénédictions, titres, honorifiques, vers, préambules) d’un nombre de lettres aux chefs d’État chrétiens et musulmans, on peut comprendre à quel degré les axiomes et les formules dictaient la structure et style de la correspondance diplomatique.
Mots clés : Safavid period, tarassul, inshâ’ , literary concept, state correspondence.

• C. JAMBET, “L’âme humaine d’Aristote à Mollâ Sadrâ Shîrâzî” p. 211
Résumé
À partir des positions d’Aristote et d’Avicenne, Mollâ Sadrâ Shîrâzî construit une doctrine originale de l’unité de l’âme humaine. Au contraire de Sohravardî, il admet l’unification substantielle du corps et de l’âme. L’âme humaine est une substance, de sorte qu’elle peut être la forme créatrice de toutes les fonctions corporelles. La racine de l’âme se trouve dans le Malakût, le premier degré des mondes supra-sensibles. L’âme pensante (nafsnâtiqa) unifie l’ensemble des facultés de l’âme qui sont ses propres expressions. L’acte d’être (wojûd) s’intensifie depuis la “première naissance” de l’âme dans ce monde matériel jusqu’à la “seconde naissance”, lorsque l’âme devient une matière pour le corps spirituel. L’intensification s’explique par la théorie du “mouvement intrasubstantiel”.
Mots clés : Philosophie, Mollâ Sadrâ Shîrâzî, Âme, corps spirituel, mouvement intrasubstantiel, substance, existence, métamorphose.

• W. FLOOR, “The Rise and Fall of Mirza Taqi, the Eunuch Grand Vizier” (1043-55/1633-45) p. 237
Résumé
Un des grands vizirs les plus remarquables de l’époque Safavide est incontestablement Mirza Taqi. Malgré cette appréciation, très peu a été écrit sur cet homme politique. À part son dynamisme, sa dureté et sa prétendue incorruptibilité, c’est surtout sa mort violente qui a préoccupé les auteurs. Son assassinat a été considéré comme le résultat d’une intrigue de la cour royale avec Shah ’Abbas II dans le rôle d’un spectateur involontaire et impuissant. Dans cette étude j’ai voulu corriger les conclusions auxquelles étaient parvenues les études antérieures et démontrer que [a] Mirza Taqi n’était pas d’origine humble, [b] son avancement était le résultat de ses mérites et de ses compétences administratives ; [c] son élévation n’était pas une composante de la stratégie d’une cabale des gholâms pour s’approprier les pouvoirs bureaucratiques de l’ état ; [d] son assassinat et la suite furent orchestrés par ’Abbas II et ses conseillers pour mettre fin au contrôle sur l’ état et la cour par Mirza Taqi ; et [e] sa mort ne signifiait pas du tout la fin de la soi-disant domination des gholâms ou esclaves royaux sur l’état, mais démontrait plutôt la continuation de la division des pouvoirs entre les gholâms et les Qezelbâsh, une situation qui datait de la fin du règne de ’Abbas Ier.
Mots clés : Safavids ; court politics ; biography ; grand vizier, Safi I ; ’Abbas II.

NOTES ET DOCUMENTS
• S. ORSINI-SADJED, Note bibliographique sur ’Aziz-e Nasafi p. 269

Comptes rendus, p. 281

Mots clés :