Vol. 38/1 (2009)

ARTICLES
• A. KORN with a collaboration of D. DURKIN-MEISTERERNST, “Parthian seen from a Balochi perspective” p. 7-23.
Résumé
Pour la plupart, la transcription phonologique des mots parthes a pour point de repère les formes correspondantes soit des langues iraniennes anciennes, soit du perse. Notre article a pour but de démontrer que les langues iraniennes modernes de la famille nord-occidentale, par exemple le baloutchi, sont tout aussi bien susceptibles de contribuer à l’interprétation phonologique et étymologique du parthe. Cette comparaison permet aussi de dégager des lois phonétiques auparavant non reconnues.
Mots clés : parthe ; baloutchi ; langues iraniennes occidentales ; étymologie ; lois phonétiques ; textes manichéens.

• D. BUYANER, “Note on the modes of transliteration of Avestan in pahlavi”, p. 25-38.
Résumé
Le présent article est composé en deux sections, l’une et l’autre étant consacrées aux particularités phonologiques de la traduction pehlevie de l’Avesta. Dans la première section sont élucidés quelques-uns des problèmes de la technique de translittération des mots avestiques en pehlevi. À titre d’exemple concret sont examinés les équivalents pehlevis des mots avestiques contenant le graphème ß. Dans la deuxième section est considérée une question particulière appartenant à ce thème, à savoir la correspondance singulière avestique <ß> moyen-perse dans la paire avestique akaranǝm.drißi- moyen-perse ’kn’lk dlym. La discussion sur un autre point (signification et étymologie du mot avestique *daßra- et celles de son équivalent pehlevi d(y)pl // daßr (deßr), est, en vue de son caractère marginal par rapport au thème général de l’article, reléguée dans un Appendice.
Mots clés : avestique ; moyen-perse ; pehlevi ; zand ; translittération ; étymologie.

• S. SCHMIDTKE, “New sources for the life and work of Ibn Abî Jumhûr al-Ahsâ’î”, p. 49-68.
Résumé
Deux manuscrits récemment découverts enrichissent de façon significative notre savoir sur la vie et l’œuvre de Ibn Abī Jumhūr al-Aḥsā’ī (m. après 906/1501). Les volumes, aujourd’hui conservés à la Kitābkhāna-yi Madrasa-yi ‘ilmiyya-yi Marwī de Téhéran (mss Marwī 855 et 874), contiennent exclusivement les écrits d’Ibn Abī Jumhūr, et, de toute évidence, ils ont été copiés de son vivant, comme en témoigne la présence de nombreux ijāzāt et notices marginales de la main de l’auteur. Outre de présenter l’importance de cette découverte, le présent article contient l’édition princeps d’un ijāza ‘āmma de Ibn Abī Jumhūr contenu dans le manuscrit Chester Beatty 3810 (f. 328-329b).
Mots clés : Ibn Abī Jumhūr al-Aḥsā’ī ; philosophie Illuminationiste ; ijāza ; ijāza ‘āmma ; Mashhad ; al-Ḥasā’ ; manuscrit.

• Y. RICHARD, “Le Coup d’État de 1921 et les sources historiques”, p. 69-103.
Résumé
Reżā Khān et Seyyed Żiyā ont pris le pouvoir dans la nuit du 20 au 21 février 1921 à Téhéran. Après les versions idéologiques attribuant cet événement soit à un sursaut patriotique soit à un complot entièrement piloté par les Britanniques, il est temps d’examiner sérieusement les sources, relativement peu nombreuses. De nouveaux documents permettent de mieux comprendre le rôle de chacun des acteurs, et notamment comment les deux protagonistes se sont rencontrés.
Mots clés : Iran, XXe s. ; historiographie ; coup d’État 1921 ; Reżā Pahlavi.

• S. AMIGUES, “Représentations végétales sur les vases en chlorite de Jiroft”, p. 105-125.
Résumé
L’article s’attache à identifier dans la mesure du possible les modèles réels des repré¬sentations végétales du répertoire iconographique de Jiroft. On rappelle d’abord la difficulté de graver sur pierre, au IIIe millénaire avant notre ère, des images réalistes de plantes et d’arbres à feuilles finement découpées ou en écailles, qui prédominent dans le paysage végétal des environs de Jiroft. Cependant certains traits caractéristiques permettent de reconnaître dans la flore actuelle l’espèce d’où procède chacune de ces représentations. On examine ainsi successivement la férule à assa-foetida, l’harmale ou rue de Syrie toxique et hallucinogène, le cyprès, plusieurs pistachiers, un grand genévrier en forme de sapin. Dans le contexte funéraire où le mobilier en chlorite de Jiroft a été découvert, ces images empruntées au monde végétal révèlent également une intention prophylactique.
Mots clés : Jiroft ; iconographie ; assa-foetida ; harmale ; cyprès ; pistachier ; genévrier.

NOTE
• M. MAGGI, “Khotanese damänâ-”, p. 129-133.

Comptes rendus, p. 137-156
• GODREJ, Pheroze J. ; Firoza PUNTHAKEY MISTREE, A Zoroastrian Tapestry. Art, Religion and Culture, 2002, 762p. avec de nombreuses illustrations [ISBN : 1 890206-22-9], par Rika Gyselen.
• HAFEZ DE CHIRAZ, Le Divân. Œuvre lyrique d’un spirituel en Perse au XIVe siècle, Introduction, traduction du persan et commentaires par Charles-Henri de Fouchécour, Lagrasse : Verdier (poche), 2006, 1274p. [ISBN : 978-2-86432-471-3], par Anna-Livia Beelaert.
• KHOZHANIYAZOV, Gairatdin, The military architecture of ancient Chorasmia, Persika 7, Paris : De Boccard, 2006, 256p. [ISBN : 2-7018-0196-6], par Carlo Lippolis.
• LIBER AMICORUM : ÉTUDES SUR L’IRAN MÉDIÉVAL ET MODERNE OFFERTES À JEAN CALMARD, M. Bernardini, M. Haneda, M. Szuppe (éds.), volume spécial de Eurasian Studies V/1-2 (2006), xvi-392p. [ISSN : 1722-0750], par Alexandre Papas.
• MANZ, Beatrice Forbes, Power, Politics and Religion in Timurid Iran, Cambridge : Cambridge University Press, 2007, 313p. [ISBN : 13-978-0-521-86547-0], par Michele Bernardini.
• NEWMAN, Andrew J., Safavid Iran. Rebirth of a Persian Empire, London-New York : I.B. Tauris, 2006, x-279p. [ISBN 10 : 1860646670 HB], par Jean Calmard.
• RUSPOLI, Stéphane, (traduction et présentation), Écrits des Maîtres soufis, 1. Trois traités de Najm Kubrâ, Corbey : Arfuyen, 2006, 174p. [ISBN : 978-2-84590-096-7], par Ève Feuillebois.

Vol. 38/2 (2009)

ARTICLES
• R. GYSELEN, “Primary sources and historiography on the Sasanian empire” p. 163-190.
Résumé
Étant donné que les sources primaires sassanides sont peu narratives, les historiens modernes se tournent le plus souvent vers l’historiographie ancienne, laquelle toutefois est la plupart du temps bien postérieure aux événements qu’elle véhicule. Avec l’apparition de nouvelles sources primaires on peut désormais corriger de nombreuses inexactitudes dont sont truffés ces anciens textes historiographiques. Plusieurs exemples en ont été présentés à l’occasion de conférences en anglais et quelques uns sont reproduits ici.
Mots clés : sassanide ; sigillographie ; textes anciens historiographiques.

• M.A. AMIR-MOEZZI et H. ANSARI, “Muhammad b. Ya‘qûb al-Kulaynî (m. 328 ou 329/939-40 ou 940-41) et son Kitâb al-Kâfî. Une Introduction”, p. 191-247.
Résumé
Muḥammad b. Ya‘qūb al-Kulaynī est considéré comme le père du Hadith shi’ite imamite et son opus magnum, le Kitāb al-Kāfī, somme impressionnante de plus de 16000 traditions, comme la base fondamentale des doctrines théologiques, spirituelles et juridiques du shi’isme duodécimain. Et pourtant jusqu’ici aucune monographie n’a été consacrée ni à lui ni à son ouvrage selon des perspectives historico-critiques. La présente étude, loin d’être exhaustive, se veut simplement une introduction à ce sujet aussi vaste que capital pour l’histoire de la pensée shi’ite naissante. Y sont examinés les contextes politiques et religieux de l’époque d’al-Kulaynī, les milieux intellectuels qu’il fréquentait dans les cités de Qumm, de Rayy et de Bagdad, les informations éparses sur sa formation et sa vie, ses maîtres et ses disciples et finalement son œuvre, plus particulièrement le Kitāb al-Kāfī, son seul ouvrage parvenu jusqu’à nous.
Mots clés : Kulaynī ; Kitāb al-Kāfī ; shi’isme duodécimain ; Hadith.

• O. MIR-KASIMOV, “Le ‘Journal des rêves’ de Fadlullâh Astarâbâdî : édition et traduction annotée ”, p. 249-304.
Résumé
Faḍlullāh Astarābādī (m. 1396) est le fondateur charismatique du hurufisme, un des mouvements hétérodoxes messianiques qui ont joué un rôle actif en Orient musulman à la suite de l’invasion mongole. Malgré son caractère fragmentaire et allusif, le journal des rêves de Faḍlullāh contient des indications importantes concernant la géographie de ses voyages et les personnes avec lesquelles il entretenait des contacts intellectuels et/ou politiques. Seul écrit connu de Faḍlullāh qu’on puisse qualifier d’autobiographique, ce journal apporte aussi un éclairage personnel sur le parcours spirituel qui a fondé les ambitions messianiques de son auteur. C’est la première édition et la premie`re tentative de traduction intégrale de ce texte à partir du dialecte iranien archaïque d’Astarābād, et une contribution à l’édition de textes ḥurūfī dont la quasi-totalité n’est accessible à présent que par le biais des manuscrits.
Mots clés : hétérodoxies islamiques ; messianisme musulman ; Iran post-Mongol ; ḥurūfī ; Faḍlullāh Astarābādī.

Comptes rendus, p. 307-316
• CRONIN, Stephanie, Tribal politics in Iran. Rural conflicts and the new Staten 1921-1941, Abingdon (Oxon – New York : Routledge, 2007, 285p. [ISBN : 978 0-415-40440-2], par Jean-Pierre Digard.
• TSADIK, Daniel, Between foreigners and Shi’is. Nineteenth century Iran and its Jewish minority, Stanford University Press, 2007, 295p. [ISBN : 978-0-8047-5458-3 ; 0-8047-5458-6], par Jean Calmard.

Liste des volumes de Studia Iranica

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