Vol. 37/1 (2008)

ARTICLES
• H. BORJIAN, Two Mazandarani Texts from the Nineteenth Century, p. 7-49.
Résumé
L’article donne une transcription, une traduction et un glossaire de deux textes écrits en 1889 à Bârforush, dans le Mâzanderân, et publiés en fac-similé par Jacques de Morgan. Leur langue, le mazanderani ou tabari moderne, est pour l’essentiel similaire à celle parlée aujourd’hui par plus de trois millions de locuteurs dans la province iranienne du Mâzanderân (au sud de la Caspienne). On note cependant plusieurs mots aujourd’hui disparus, ainsi que certains traits grammaticaux identifiables uniquement grâce à l’existence d’autres documents en mazanderani de la même période. La présentation de ces textes contribue ainsi à l’étude du parler du Mâzanderân, langue iranienne nord-occidentale, aujourd’hui encore relativement méconnue. Récits, ou descriptions de villes, ces documents historiques donnent, sur certains événements, plus de détails que les autres sources. Ces textes sont suivis des remarques historiques circonstanciées.
Mots clés : le tabari moderne ; le mazanderani ; dialectes caspiens ; langues iraniennes ; analyse textuelle ; manuscrits du XIXe s. ; antisemitisme ; histoire iranienne.

• D. BUYANER, Passive Perfect Construction in the Pahlavi Text Stâyishn î sîh rôzâg, p. 51-56.
Résumé
L’article est consacré à une construction syntaxique moyen-perse particulière (le verbe du subordonné est au présent, celui de la principale est exprimé par un participe passé), qui se rencontre à plusieurs reprises dans le texte pehlevi Stâyishn î s^hh rôzâg. Après avoir établi son affinité avec la construction depuis longtemps discutée dâd bawêd, on propose une hypothèse selon laquelle le système verbal du moyen-perse était à son stade initial basé sur une opposition d’aspects, alors que le stade avancé montre un pur système temporel. La construction en question jouait probablement un rôle éminent dans le système ancien et devint marginale dans le système nouveau.
Mots clés : moyen-perse ; pehlevi ; verbe ; construction syntaxique ; parfait passif.

• W. FLOOR, Weights and Measures in Qajar Iran, p. 57-115.
Résumé
Ce travail constitue un répertoire annoté des poids et mesures en usage à l’époque qajare, mentionnés par des sources persanes et européennes. Il s’agit d’une ressource pour les chercheurs lors de la conversion des valeurs correspondant à ces termes en leurs équivalents dans le système métrique.
Mots clés : Qajars ; Pahlavis ; économie ; poids et mesures ; modernisation.

NOTES
• R. GYSELEN, Notes numismatiques sassanide et arabo-sassanide, p. 119-128.
• A. ERKINOV, Un témoin important du mécénat de Muhammad-‘Alî Khân, le manuscrit Supplément Persan 1446 de la BnF, p. 129-138.

Comptes rendus, p. 135-157
• ALRAM, Michael, Rika GYSELEN, Sylloge Nummorum Sasanidarum Paris – Berlin – Wien. Band I : Ardashir I. – Shapur I., Verlag der Österreichischen Akademie der Wissenschaften, Wien, 2003, pp. 404 including 50 plates [ISBN : 3 7001-3224-7], par Susan Tyler-Smith.
• NASSIRI-MOGHADDAM, Nader, L’archéologie française en Perse et les antiquités nationales (1884-1914), Éditions Connaissances et Savoirs, Paris, 2004, 433 p. [ISBN : 2-7539-0006-X], par Ali Mousavi.
• SCHMITT, Rüdiger, Iranische Anthroponyme in den erhaltenen Resten von Ktesias’ Werk, Iranica Graeca Vetustiora. III, Verlag der Österreichischen Akademie der Wissenschaften, Wien, 2006, 315 p. [ISBN : 3-7001-3606-4], par Philippe Gignoux.
• SCHMITT, Rüdiger, Das Iranische Personennamenbuch : Rückschau, Vorschau, Rundschau, (mit einer Bibliographie zur Iranischen Personennamenkunde), Iranische Onomastik, Nr.1, Verlag der Österreichischen Akademie der Wissenschaften, Wien, 2006, 56 p. [ISBN : 978-3-7001-3719-1], par Philippe Gignoux.

Vol. 37/2 (2008)

ARTICLES
• Ph. GIGNOUX, Le site de Bandiân revisité, p. 163-174.
Résumé
Dans deux fascicules des Studia Iranica (27/2, 33/1), M. Rahbar a présenté les résultats de deux campagnes de fouilles faites dans les années 1990. Il s’agit d’une très belle demeure du nord du Khorassan, sise à Bandiān près de Dargaz, dont l’archéologue mit au jour tous les plans. Ce complexe architectural est très remarquable à la fois par ses bas-reliefs (scènes de bataille, de chasse, de banquet…) et par cinq inscriptions en moyen-perse qui ornent la grande salle à colonnes, entourée de plusieurs pièces adjacentes. M. Rahbar considère ce monument comme un Temple du Feu que Bahrām V aurait érigé par reconnaissance envers les dieux qui lui octroyèrent la vicroire sur les Huns / Hephtalites. À partir des inscriptions, de ce qu’elles veulent strictement dire, et de la fonction des différentes parties de la villa, l’auteur de cet article propose de la tenir pour la demeure somptueuse certes, possédant son Feu domestique, d’un possible marzbān, comme celui dont nous parlent les sources araméennes du Ve siècle, et qui l’aurait fait construire pour lui-même dans cette région des Marches.
Mots clés : Sassanides ; bas-reliefs ; inscriptions en moyen-perse ; feu sacré ; archéologie.

• C. G. CERETI, On the Pahlavi cursive script and the Sasanian Avesta, p. 175-195.
Résumé
La rédaction de l’Avesta en alphabet avestique a été attribée à différents moments de la période sassanide, mais aussi au début de la période islamique. Ici, l’auteur revient sur les évidences fournies par les textes pehlevis et par d’autres sources lesquelles, pour la plupart d’entre elles, suggèrent une Avesta sassanide. Dans la deuxième partie de son article, l’auteur essaye aussi à montrer que la variante cursive de l’alphabet pehlevi était utilisée au Ve siècle de n.è. ou, au plus tard, au début du VIe siècle. Des inscriptions en moyen-perse,des sceaux et des monnaies ont également été pris en considération pour soutenir cette proposition.
Mots clés : Avesta ; alphabet ; moyen-perse ; pehlevi ; période sassanide ; zoroastrisme.

• D. T. POTTS, The Sasanian relationship with South Arabia : Literary, epigraphic and oral historical perspectives, p. 197-213.
Résumé
Il n’y a pas de consensus dans les milieux scientifiques quant à la nature et la signification de l’implication des Sassanides en péninsule Arabe. Cet article examine trois épisodes de l’histoire des relations entre les Sassanides et l’Arabie du sud, et propose de nouvelles interprétations au sujet de : a) conquêtes d’Ardašir et la présence sassanide dans le Šihr ; b) ambassade de l’Arabie du sud à Ctésiphon et la naissance de Šāpur II ; c) conquête sassanide de l’Arabie du sud au VIe siècle de n.è. Enfin, on commente quelques témoignages méconnus sur les conquêtes sassanides, présents dans la tradition orale du Oman jusqu’à la fin du XIXe siècle.
Mots clés : Sassanides ; Yémen ; Ardašir Ier ; Šāpur II ; Mazūn ; Oman.

• A. LENEPVEU-HOTZ, Considérations sur les morphèmes hamē, -ē et bi- à l’aune d’un texte persan du XIe siècle, le Tārīx-i Sīstān, p. 215-240.
Résumé
Les morphèmes grammaticaux hamē, -ē et bi- du persan archaïque sont traditionnellement analysés comme suit. hamē : particule marquant la durée et la répétition. -ē : suffixe (ou enclitique) indiquant l’habitude et l’hypothèse. bi- : préfixe porteur de perfectivité, ou du moins d’emphase. Or une lecture attentive du Tārīx-i Sistān laisse apparaître que d’autres emplois sont possibles, et même qu’ils peuvent contredire ces théories habituelles. Ainsi hamē souligne aussi – et même surtout – la concomitance. La valeur d’habitude de -ē peut se spécialiser pour nommer et donner les caractéristiques d’un lieu ou d’une personne. Et bi- est un marqueur de rhématicité, et non d’une action semelfactive et ponctuelle .
Mots clés : persan archaïque ; hamē ; -ē ; bi- ; système verbal ; aspect.

• S. AUBE, La Mosquée bleue de Tabriz (1465) : remarques sur la céramique architecturale qarā qoyunlu, p. 241-277.
Résumé
Fondée sous les Qarā Qoyunlu en 1465, inachevée lorsque la ville passa aux mains des Āq Qoyunlu, la Mosquée bleue de Tabriz constitue l’un des rares vestiges de la capitale de ces deux dynasties turkmènes. Cet article tente de retracer l’historique de la mosquée, depuis sa fondation jusqu’à sa récente reconstruction au XXe siècle. Plus spécifiquement, le remarquable décor de céramique de la Mosquée bleue permet de s’interroger sur le mécénat des cours turkmènes de Tabriz. Car si son décor s’inscrit dans un héritage artistique commun aux Timourides, on y observe également des formes etd es techniques plus inhabituelles en cette seconde moitié du XVe siècle.
Mots clés : Tabriz ; Qarā Qoyunlu ; Āq Qoyunlu ; céramique architecturale ; “bleu-et-blanc” ; lustre.

NOTES
• R. GYSELEN, Sources sassanides et prosopographie sur l’Antiquité tardive : Note de lecture (B. Dignas et E. Winter, Rome and Persia in Late Antiquity…, Cambridge University Press 2007), p. 281-298

Comptes rendus, p. 301-316
• CHEHABI, Houchang, ed., Distant relations. Iran and Lebanon in the last 500 years, I.B. Tauris, London, 2006 [ISBN : 1 86064-561-5], par Sabrina Mervin.
• GYSELEN, Rika, ed., Contributions à l’histoire et la géographie historique de l’empire sassanide, Res Orientales, XVI, Bures-sur-Yvette, 2004 [ISSN : 1142-2831 ; ISBN : 2-9521376-0-9], par Karin Mosig-Warburg.
• VAN RUYMBEKE, Christine, ed., “Mais comment peut-on être persan ?” Eléments iraniens en Orient & Occident. Liber Amicorum Annette Donckier de Donceel, Université Libre de Bruxelles, Peeters, Leuven, 2003, par Charles-Henri de Fouchécour.

Mots clés :