Vol. 40/1 (2011)

ARTICLES
• H. BORJIAN, “The Dialect of Kuhpāya”, p. 7-68.
Résumé
Le kuhpāyi est un dialecte central parlé dans la région urbaine de Kupā et ses villages du piémont à l’est d’Ispahan. Tout en partageant beaucoup de caractéristiques avec d’autres dialectes iraniens nord-occidentaux du Plateau iranien central, le kuhpāyi possède des traits qui lui sont propres. Dans sa phonologie historique on décèle plusieurs particularités remarquables propres aux langues iraniennes sud-occidentales, par exemple dans hass “huit”. Dans sa structure phonologique, on note la particularité de la voyelle centrale /ə/ qui s’harmonise dans les formes verbales. Les caractéristiques transitionnelles du dialecte se manifestent dans la position instable du marqueur du duratif avant le radical. Les temps passés des verbes transitifs présentent une flexion ergative, avec des affixes d’agent qui se déplacent du verbe vers le mot qui le précède, y compris le sujet — un trait qui ne se rencontre dans aucun autre dialecte central connu. Cet article présente une étude de la diachronique et de la grammaire du kuhpāyi, suivie par des textes et un glossaire établi à partir de la documentation que l’auteur a rassemblée sur ce dialecte aujourd’hui en voie de disparition.
Mots clés : dialectes du Plateau iranien central ; langues iraniennes du Nord-ouest ; Kupā ; Isfahan.

• A. AKOPYAN & F. MOSANEF, “Billon coinage of Shams al-Dīn Eldigüz and his circle (531-571 H./1136-1225 CE)”, p. 69-98
Résumé
Cette étude est consacrée au catalogage et à l’analyse des monnaies en billon de l’atabeg Eldigüz et de ses vassaux, ainsi que du Seljuqide d’Iraq Sulṭān Muḥammad II, conservées dans divers fonds. Les monnaies présentées ici éclairent en particulier deux vassaux d’Eldigüz, notamment son vizir Abu’l-Barakāt et son atabeg Ayāz.
Mots clés : numismatique musulmane ; Eldigüzides ; Seljuqides d’Iraq ; Ādharbayjān.

• E. FOUACHE, Cl. COSANDEY, P. WORMSER, M. KERVRAN & R. A. LABBAF KHANIKI, “The River of Nishapur”, p. 99-119
Résumé
Du dixième au quatorzième siècle les géographes arabes et persans font fréquemment référence dans leurs descriptions de la ville de Nishapur à la rivière de Nishapur, appelée dans les textes Wādi Saghāwar. De nos jours deux torrents sont susceptibles d’être identifiés avec cette rivière le torrent de Mirābād et le torrent de Buzhān. Nous abordons la question par l’analyse des dynamiques géomorphologiques et hydrologiques replacées dans leur contexte géologique, tectonique et climatique. Nous comparons ensuite les descriptions des textes anciens avec la situation actuelle et l’information fournie par l’archéologie. Au terme de cette étude nous proposons d’identifier la rivière de Nishapur comme le torrent de Buzhān. Pour importante que soit son rôle cette rivière était loin d’assurer l’essentiel de l’alimentation en eau de la ville.
Mots clés : géographie historique ; géomorphologie ; Nishapur ; rivière de Nishapur ; Holocène ; Iran.

NOTES
• J. DUCHESNE-GUILLEMIN, “Concerning Zarathushtra”, p. 123
• R. GYSELEN, “Sceaux administratifs sassanides : suppléments et compléments”, p. 125-141

OBITUAIRES
• Oleg Fedorovich Akimushkin (1929-2010), p. 145-147
• Mahmoud Rouholamini (1928-2011), p. 149-151

Comptes rendus, p. 137-158
• AYNI, Sadriddin, Yoddoshtho, ed. B. Rahmatov, Dushanbe, 2009, 142p. ISBN : 978-99947-33-15-6, par Evelin Grassi
• BABAIE, Susan, Isfahan and its Palaces. Statecraft, Shi‘ism and the Architecture of Conviviality in Early Modern Iran, Edinburgh, Edinburgh University Press, 2008, 476p. ISBN : 978-0-7486-3375-3, par Francis Richard
• BERNARDINI, Michele, Mémoire et propagande à l’époque timouride, Studia Iranica Cahier 37 / Conférénces d’Études iraniennes “Ehsan et Latifeh Yarshater” 3, Paris : Association pour l’Avancement des Études Iraniennes, 2008, ISBN : 978-2-910640-23-1, par Colin P. Mitchell
• BLOW, Daniel, Shah Abbas. The Ruthless King Who Became an Iranian Legend, I.B. Tauris, Londres-New York, 2009. ISBN : 978-1-84511-989-8, par Jean Calmard
• VAHABZADEH, Peyman, A guerrilla Odyssey. Modernization, secularism, democracy, and the Fadai period of national liberation in Iran, 1971-1979, Syracuse NY, Syracuse University Press, 2010, ISBN : 978-0-8156-3243-6, par Yann Richard

Vol. 40/2 (2011)

ARTICLES
• M. TERRIER, “Quṭb al-Dīn Ashkevari, un philosophe méconnu de la renaissance safavide”, p. 171-209
Résumé
Dans le foisonnement de philosophes de la « renaissance safavide », Quṭb al-Dīn Ashkevarī (m. vers 1680) demeure une figure méconnue. L’importance de son encyclopédie des sages intitulée Maḥbūb al-qulūb a bien été soulignée par Henry Corbin et plusieurs historiens de la pensée en islam ; mais sur sa formation, son œuvre et sa fin, les informations restent minces et sujettes à caution, comme celle qui en fait un élève du célèbre Mīr Dāmād. L’article commence par retracer l’histoire du royaume safavide, de ses tendances et institutions religieuses, de ses mouvements philosophiques et mystiques, histoire dont notre auteur est en partie le produit. Il s’appuie ensuite sur l’édition en cours du Maḥbūb al-qulūb, comprenant la notice autobiographique de l’auteur, pour éclairer sa personnalité intellectuelle et réexaminer certaines données reçues à son sujet. S’en dégage la figure d’un penseur shī‘ite de double ascendance iranienne et arabe, féru de philosophie et d’oniromancie, animé de penchants mystiques et traditionalistes, entretenant un rapport ambigu aux autorités théologico-politiques. Sa bibliographie reconstituée vient conclure ce portrait philosophique, singulier reflet des paradoxes immanents au shī‘isme safavide.
Mots clés : Shī‘isme ; Safavides ; philosophie ; soufisme ; école d’Ispahan ; Mīr Dāmād.

• D. DURAND-GUÉDY, “Where did the Saljuqs live ? A case study based on the reign of sultan Mas‘ūd b. Muḥammad (1134-1152)”, p. 211-258
Résumé
Cet article vise à inscrire la domination saljuqide dans son contexte spatial à partir de l’analyse détaillée du règne de Mas‘ūd b. Muḥammad (r. 1134-1152). Le sultan, très mobile, pratiquait une sorte de ‘nomadisme politique’ qui lui permettait de renforcer les loyautés à la base de son pouvoir. À la fin du règne, les déplacements se complexifièrent lorsque Mas‘ūd chercha à contrôler directement l’Azerbaijan en plus du Jibāl et de l’Iraq. À un autre niveau, le sultan se tenait résolument à l’écart de l’espace urbain et préférait rester avec ses émirs dans un camp militaire plus ou moins éloigné des zones habitées. Quant aux palais, ils n’étaient sans doute utilisés qu’à des fins protocolaires et la tente demeurait l’habitat permanent du sultan. Ainsi, après un siècle après la conquête de l’Iran par les Saljūqides, le mode de vie de Mas‘ūd était encore très proche de celui de ses ancêtres, ce qui signifie, au moins dans ce domaine, que l’acculturation de la dynastie était très limitée.
Mots clés : Saljūqs ; ville ; Hamadan ; nomadisme ; tente ; camp.

• A. T. AHMED, “Aux origines du čahārpāre”, p. 259-282
Résumé
Dans la deuxième décennie du XXe siècle, une nouvelle forme poétique régulière voyait le jour dans la langue persane. Cette forme, que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de čahārpāre, apparaissait à un moment charnière de l’histoire littéraire iranienne. Son développement coïncide en effet avec le mouvement dit de la « Révolution littéraire », qui allait déboucher sur la poésie persane moderne. Revendiqué par deux groupes de poètes rivaux – « conservateurs » et « progressistes » –, cet élan de renouveau fut marqué en particulier par l’influence accrue de la poésie occidentale. Les spécificités de ce nouveau type de poème n’ont jamais fait l’objet d’un examen approfondi. Le présent article entend démontrer que le čahārpāre condense à lui seul les enjeux de l’époque qui le vit naître. Inspiré du quatrain français, forme inédite en persan, il accomplissait un certain idéal de la « Révolution littéraire » : celui des réformistes « conservateurs », émules de Victor Hugo et des Romantiques français.
Mots clés : čahārpāre ; Rašid Yāsami ; Malek oš-Šo‘arā Bahār ; Victor Hugo ; Majalle-ye Dāneškade ; « Révolution littéraire » ; poésie persane moderne.

NOTES
• Ch. JULLIEN, “Les chrétiens déportés dans l’empire sassanide sous Šābūr Ier. A propos d’un récent article”, p. 285-293
• Ch. BARATIN, “Note de lecture à propos des monnaies indo-scythes et indo parthes”, p. 295-304

IN MEMORIAM
• Iraj Afshar (1925-2011), p. 307-312

Comptes rendus, p. 315-322
• BOHAS, Georges, & Florence HELLOT-BELLIER, Les Assyriens du Hakkari au Khabour. Mémoire et histoire, Paris : Geuthner, 2008. ISBN 978-2-7053-3805-5, par Francis Richard.
• BREND, Barbara, Muhammad Juki’s Shahnamah of Firdausi, London : RAS, 2010. ISBN 978-0-85667-672-7, par Francis Richard.
• KOHLBERG, Etan, & Mohammad Ali AMIR-MOEZZI, eds., Revelation and Falsification : The Kitāb al-qirā’āt of Aḥmad b. Muḥammad al-Sayyārī, Leiden-Boston : Brill, 2009, ISBN 978-90-04-16782-7, par Andrew J. Newman.
• TALEGHANI, Mahmoud, dir., La Maison Amini. Patrimoine de l’architecture rurale du Guilan plaine centrale, Téhéran : IFRI-IRACI [Bibliothèque iranienne, 68], 2010, ISBN 978-2-909961-44-6, par Jean-Pierre Digard.

Tables décennales des volumes 31-40 (années 2002-2011), p. 321
Table des matières du volume 40, p. 341

Mots clés :